|
En
chemin
Gourmandises
Frontières
L'arbre
Secrets
Souvenirs d'enfance
|
|
Les textes des
adolescents et des adultes en 2002
Née le 21 septembre 1940, mon
papa a été fait prisonnier pendant la guerre de 1939-1945
; je ne connaissais mon père que par photographie et demandais
toujours à ma maman la date de son retour.
Et puis, enfin, cette terrible guerre s’arrêta; l’armistice fut
signé et ce 16 mai 1945, à la gare Matabiau (pour mes
quatre ans et demi) restera à jamais gravé dans ma
mémoire.
Comme beaucoup de Toulousains, j’étais venue attendre mon papa
avec ma maman, mes grands-parents et une amie à eux, qui grande
de taille me portait sur ses épaules, afin que je puisse mieux
voir le retour de ces braves soldats, ces “ hommes ” qui
rentraient de captivité dans leur famille, après cinq
années d’absence.
Heureux ceux qui sont revenus, car beaucoup de petites filles n’auront
jamais connu leur papa.
Les quatre murs du hall de la gare étaient décorés
d’innombrables drapeaux tricolores et c’était très
émouvant, autant pour les petits que pour les grands. Les braves
et courageux soldats déferlaient dans ce hall de gare.
Cinq heures du matin : le wagon annoncé qui devait ramener mon
papa et ses compagnons vers Toulouse n’était pas encore
arrivé à destination; je fus donc reconduite au domicile
de mes grands-parents pour y prendre un peu de repos : vu mon jeune
âge, arrivée la veille vers 21 heures avec ma famille, au
lendemain 5 heures, cela faisait bien long pour une aussi petite fille.
J’étais encore toute endormie, lorsque ma maman est venue me
réveiller dans la chambre, posant délicatement et
tendrement sa main sur mon front pour me réveiller :
“ Ça y est, il est là, ton papa... ” A
moitié endormie, et vu mon jeune âge, je ne
réalisais pas ce qui se passait autour de moi. Je courus vers la
salle à manger pour récupérer un paquet de bonbons
que j’avais réservé à l’intention de mon papa.
Je revins de ma cachette, n’osant pas trop ouvrir les yeux, tendis les
friandises à mon papa. Il m’a prise sur ses genoux et je
découvris très émue pour la première fois
celui qui, avec ma maman, m’avait donné la vie.
Ce souvenir d’enfance avait beaucoup intéressé Madame la
Directrice (qui à l’époque nous donnait des leçons
d’éducation civique) et mes collègues de la classe de
quatrième, car il était resté toujours aussi
vivant.
Anonyme
|