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textes des collèges en 2006 

Collège de Montréjeau
Collège de Loures-Barousse
Collège Jean Monnet de Luchon
Collège de Saint-Béat

 


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Collège de Montréjeau


Autobiographies gourmandes

Né d’un père bananier et d’une mère glacière, je vis le jour dans une coupelle à dessert.
Après m’avoir mis sur un lit de crème qui me chatouillait les flancs, on plongea un doigt dans mon corps et on goûta. Quelle étrange sensation !
Il n’empêche que j’étais très fier avec ma petite banane et mes jolies boules parfumées ! J’attendais patiemment que quelqu’un lèche mes boules avec délectation et croque ma banane avec force !
Lors de mon arrivée sur table, quelle surprise ! J’étais tout bonnement une star. Quel plaisir de voir ces yeux gourmands se poser sur moi ! J’allais être enfin dégusté par des personnes ayant le palais impatient de me goûter.
Mon porteur versa alors sur moi un liquide d’ébène qui m’ébouillanta de bonheur.
Thomas, 3e1, collège Montréjeau

J’ai été cueillie à seize heures de l’après-midi le 18 septembre 2005 sur une colline, dans un verger dont les pommiers étaient alignés.
Sur les photos de mon pommier, je vois de belles pommes rouges et brillantes : ce sont mes sœurs ; et la plus petite, c’est moi. Je suis la plus brillante et je suis perchée sur les plus hautes branches.
Il fait beau. Je me souviens qu’il souffle un petit vent frais qui fait balancer toute ma famille. Certaines de mes sœurs tombent. Je m’accroche !
Ma sœur la plus ronde et la plus rouge venait de tomber. J’en fus, paraît-il, tellement bouleversée que je ne voulais plus mûrir : je ne voulais pas finir dans un panier !
Karen, 3e1, Collège Montréjeau

Je suis née au mois de mai sur la branche ensoleillée d’un tout petit cerisier. Le soleil permit à ma sœur ainsi qu’à moi-même de mieux mûrir, nous étions sur la même branche.
Ce fut au mois de juin qu’une petite fille espiègle nous ramassa avec un grand sourire.
La bouche entr’ouverte, elle nous dégusta toutes les deux.

Agathe, 3e1, Collège Montréjeau



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En tablette, en poudre ou encore liquide, je suis toujours aussi savoureux. Mais avant de me retrouver emballé, j’ai traversé de nombreuses étapes. Les voici.
Je suis né sous les tropiques, plus précisément dans un cacaoyer. Sous forme de graine, j’ai été contrôlé pour vérifier ma qualité. Puis je fus nettoyé. Ensuite, j’ai été rôti comme un grain de café avant de me faire broyer. Ce fut un moment horrible, j’ai cru mourir !
Sous prétexte que j’avais un germe non comestible, on me remit dans un broyeur. J’ai voulu revendiquer mais cela était impossible, j’étais beaucoup trop faible. À force d’être torturé, je suis ressorti de cette machine sous forme de pâte fluide. Je ne savais pas où j’allais me retrouver.
J’en avais assez de cette torture. Je repensais aux bons moments que j’avais passés avec mes parents et mes amis dans mon cacaoyer.
Je vis ensuite une grosse machine qui s’ouvrait pour laisser place à une sorte de moule rectangulaire. Je m’y laissai glisser par force. Puis soudain un grand froid s’abattit sur moi. Je m’évanouis…
Quand je me réveillai, j’étais tout dur et emballé dans une espèce de papier gris argenté. J’entendais d’autres personnes parler. J’étais pétrifié !
Je me rappelai qu’un jour ma mère m’avait raconté que mes grands-parents étaient partis se transformer en chocolat. Je compris alors que je n’étais devenu qu’une simple friandise rectangulaire et plate.
Voilà mon histoire. Je pose mon stylo et referme mon journal intime en pleurs et en repensant à ma famille que j’ai laissée pour me retrouver dans un estomac.

Pauline, 3e1, Collège Montréjeau


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Au tout début, je n’étais qu’en « pièces détachées » : farine, œufs, sucre, lait, chocolat et tous ces petits délices que l’on rajoutait au fur et à mesure. Une fois tous ces ingrédients mis, je fus mélangé, battu jusqu’à ce que je sois une pâte fluide d’une couleur marron.
Jusque-là, je me portais bien !
Puis je coulai vers un plat plus grand. J’étais content de ne plus être à l’étroit dans ce saladier.
Mais ce ne fut que de courte durée.
Je m’aperçus d’un coup qu’il faisait chaud, très chaud : j’avais été placé dans un four ! Pendant plus de trois quarts d’heure, je durcis mais tout en restant moelleux et je souffris de la chaleur ambiante. De temps en temps quelqu’un ouvrait la porte pour savoir si j’étais cuit. Pour être cuit, je l’étais !
Puis on me sortit de là.
Maintenant, je suis un magnifique et délicieux gâteau au chocolat et j’en suis fier !

Marine, 3e1, Collège Montréjeau

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Je passe mes journées dans un placard à l’abri du froid ou de la chaleur, au côté d’êtres enfermés dans des boîtes en carton. Moi, je suis dans une boîte en verre, en forme de ballon de rugby, avec un couvercle pour que je ne durcisse pas. Je suis d’origine « pâtes à tartiner » et j’ai été transportée à mon point de vente après de longs trajets.
Tous les matins, et tous les soirs vers quatre heures, une petite main potelée m’attrape rapidement, fait tourner mon couvercle d’un tour jusqu’à ce qu’une cuillère prélève un peu de la chose que j’appelle moi, c’est-à-dire de la pâte aux noisettes marron mais qui paraît-il est irrésistible !
Quand je deviens inutile, on me referme et je me retrouve à côté de ces êtres cartonnés qui, eux, changent régulièrement.

Johanna, 3e1, Collège Montréjeau


Remerciements à :
Simone DE BEAUVOIR, Mémoires d’une jeune fille rangée
Marguerite YOURCENAR, Souvenirs pieux pour avoir « permis » le détournement du début de leur autobiographie.


Une histoire au menu

Entrée
Les tranches de foie gras macéraient dans une sauce au vinaigre balsamique avec des pommes.

Plat principal
Le poulet bien rôti arriva sur la table accompagné d’une troupe de haricots verts en fagots et de pommes de terre rissolées. Sans attendre, les haricots verts se jetèrent sur les tranches de foie de canard.

Fromage
Les tranches de foie construisirent un fortin avec les fromages de chèvre et de vache. Mais le fromage de chèvre fondit.

Dessert
Soudain, une grosse poule en chocolat surgit et arriva près du fortin où étaient cachées les tranches de foie de canard. Tous les œufs sortirent de la poule, formant, deux par deux, une colonne. Les tranches de foie s’y agrippèrent. Quand elles furent rentrées dans la poule, les œufs suivirent. Et la poule s’envola à une vitesse époustouflante, laissant le poulet et ses troupes vaincus et furieux.

Joris, 5e 4, collège Montréjeau


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Rira bien qui rira le dernier
Entrée
La salade trempait dans une sauce vinaigrette à la fois douce et piquante.

Plat principal
Arriva un foie gras. Un foie gras très alléchant : ferme, humide comme une éponge de mer et accompagné d’un océan de pêches. Sans avertissement, le foie gras envoya les pêches telles des boulets de canon sur la pauvre salade.
Fromage
La salade, sans défense construisit une maisonnette avec une pointe de fromage de chèvre, un morceau de gruyère et un rouy très odorant. Malheureusement le fromage de chèvre se coupait en mille morceaux, le gruyère était plein de trous et le rouy beaucoup trop mou.

Dessert
Tout à coup, une milliassine bien ferme arriva de je ne sais où. Elle s’approcha lentement, sans bruit de la maisonnette où s’était barricadée la salade. Une part de milliassine lança un escalier de fruits confits. Sans perdre de temps, la salade grimpa. Les fruits confits se jetèrent alors sur le gâteau et donnèrent le signal du départ. La milliassine démarra en trombe laissant le foie gras et ses amies se faire déguster.
Bastien, 5e4, collège Montréjeau

Entrée
Les bâtonnets de surimi trempaient tranquillement dans leur mayonnaise allégée.

Plat principal
Arriva un poulet, un poulet énorme accompagné de sa sauce et de ses amis, les champignons de Paris. Et sans raison, sans le faire savoir, le gros poulet s’élança lui et ses amis à l’assaut des petits bâtonnets de surimi qui durent résister à la pluie de champignons et à l’inondation de sauce.

Fromage
Les bâtonnets de surimi trouvèrent un camembert très odorant qu’ils jetèrent sur le poulet mais en vain. Le poulet était tellement gros qu’il ne sentait rien et continuait à parachuter ses champignons.

Dessert
Tout à coup une tasse à café apparut sur la table dans un océan de vapeur. Le poulet était perdu et les bâtonnets de surimi en profitèrent pour rentrer dans la tasse qui disparut comme elle était venue laissant le poulet et ses amis désorientés et furieux.

Anthony, 5e4, collège Montréjeau



J’ai pu écouter, un soir, dans mon pré, une conversation très bizarre entre un coq et un chat noir.
Voici la conversation entre ces deux individus :
« Tiens, Monsieur, dit le coq au chat noir, il faut que je vous raconte quelque chose d’horrible. C’est à propos de mon fils. Figurez-vous qu’on en a fait un poulet rôti. Un individu s’est emparé de lui. Le vieux monsieur portait un tablier tout blanc et un petit chapeau. Il enleva à mon fils le joli manteau qu’il portait. Ensuite il lui enleva sa tête et lui coupa les pattes.
– Ne continuez pas, c’est trop horrible, s’écria le chat noir.
– En plus, il a mis mon fils dans une boîte en ferraille.
– Vous voulez dire dans une casserole ! l’interrompit le chat.
– Exactement !
– Ça devait sentir vraiment bon, répondit le chat.
– Vous n’avez pas de cœur, j’aimerais vous y voir !
– Vous savez, moi, j’ai vécu encore pire. Ma femme s’est fait écraser par… »
La nuit tombait, je n’ai pas pu continuer à suivre la conversation.

Chrystelle, 5e4, collège Montréjeau

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Confidences

J’ai pu enregistrer dans mon pré une drôle de conversation entre une vache et un mouton.
Voici ce document :
« Ah, chère Madame, dit le mouton à la vache, il faut que je vous raconte ce qui est arrivé à ma femme. C’est épouvantable. Figurez-vous qu’elle croyait être tuée. Deux individus se sont emparés d’elle. Un homme avec une salopette bleue et une femme avec un tablier rouge. L’homme a pris la tondeuse et il lui a enlevé toute sa belle laine. Imaginez un peu, toute nue dans l’herbe fraîche ! Ensuite la femme l’a rattrapée pour lui couper les ongles.
– Arrêtez, arrêtez, c’est horrible, s’écria la vache en faisant dix fois le tour du pré.
– Ce n’est pas fini, poursuivit le mouton. Ils ont jeté la malheureuse dans une remorque. Ils l’ont bien attachée et ils lui ont nettoyé les oreilles. Puis ils lui ont fait une piqûre… »
Malheureusement l’enregistrement s’arrête là. Une panne de courant probablement…

Anaïs, 5e4, collège Montréjeau


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La Grenouille

Grenouille, toi qui vis dans un étang pas loin d’un vieux grenadier
Tu sais
Qu’en été, cet arbre lâche ses grenades, que dans ton entourage passe un vieux chien avec un tout petit grelot, c’est un chien de berger et qu’une jeune fille grelotte à cause de la pluie que tu adores
Tu sais aussi
Qu’un jeune gredin s’approche de toi et t’emprisonne dans un filet.
Après, il te trempe dans l’huile avec tes cuisses et de grosses mains te grignotent.

Chrystelle, 5e4, collège Montréjeau

Remerciements à :
Bernard FRIOT pour Histoires pressées.



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Collège de Loures Barousse

Haïkus en occitan

Era nhèu deths camps sembla
aras hlors de cerisa
ara prima

La neige sur les champs ressemble
aux fleurs de cerise
au printemps.

Pierre 4e du Collège de Loures Barousse.


Chivaus neres
ena pista semblan
ua crepèra « nutella »

Des chevaux noirs
sur la piste font penser
à une crêpe « nutella »

Estelle 4e du Collège de Loures Barousse.

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Mantuns chivaus en prat
semblan chocolat
sus lèscas de kiwis

Quelques chevaux dans un pré
ressemblent à du chocolat
sur des tranches de kiwis.

Marina 4e du Collège de Loures Barousse.

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Margalidas en prat hèn pensar
a un citron verd
e sués grans

Marguerites dans un pré font penser
à un citron vert
et ses pépins.

Honorine 4e du Collège de Loures Barousse.


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Aci qu’ei eth mes de Mai, eths casaus que son tintats e plens de ahragas rojas.
Maria, era petita gromanda las aueita, puish que’s clina e que n’amassa ua, puish duas…
Enfin que gosta. Miam, miam, quin ei bon ! Amassam, amassam qu’ei un delici.
Minjam, minjam, que m’arregali !
Tot d’un còp, que sauneja a aufrir aths sués amics. Qu’aueita un petit tistalh qu’emplia d’ ahragas.
Que s’ac minja deths uèlhs. E que se las envolopa en un papèr de seda.

Adeline 3e Collège de Loures Barousse.

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Apuèi er’escòla eths dròlles demandan a lora mair de hèr ua còca peth vrespalh. Davant eths uèlhs estonats deths dròlles hadié hóner eth chocolat damb burre puish mesclèc eth sucre, era haria e ueus, e hasoc còder.
Fin finala eths dròlles minjan ua part cadun. Que sentien eth chocolat honent sus era lenga. Era mair que guarda ua part entath pair. E entara portar ath pair qu’era envolopa en papèr de seda.

Carole 3e Collège de Loures Barousse.

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En un vilatjòt, vivién eths pastissèrs deths mes bons que tot eth reiaume n’a pas jamès coneishut.
Totas eras gents deth reiaume venguién entà gostar loras còcas, tartas…
Un dia, ua drolleta portèc un petit tistalh de « viennoiseries » aths pastissèrs e tornèc partir autanlèu shens dider qui ère. Era pastissèra gostèc eras « viennoiseries » e eras trobèc tan bonas que cerquèc de saber qui ère era drolleta mès aquesta avié jà desapareishut ena horrèra qu’esperave davant era lora botiga. En era trobar pas eras envolopèc en un papèr de seda.

Alexandre 3e Collège de Loures Barousse.


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Collège Jean Monnet de Luchon


Elle se réveilla l’esprit embrumé, sortit tant bien que mal de son logis, se glissa derrière les rideaux de la scène couleur bordeaux suspendus à des poutres branlantes et se mit en quête de son mets favori. Ah ! Enfin la porte des cuisines ! Elle entra furtivement : en effet la place était déjà prise ! Elle les connaissait : le grand escogriffe qui prenait des airs de conquérant mais détalait dès qu’il l’apercevait… et le second toujours à la traîne d’Isabelle. Tous les deux avaient des airs de conspirateurs, parlant dans leur barbe. Encore des messes basses ! se dit-elle. Mais elle ne s’attarda pas, ce n’était pas le moment : son museau frémissait, guidé par une odeur qui la ravissait : la crémière avait été bien imprudente ! Sur le buffet trônait le panier à fromages : du gruyère ! Du roquefort ! Un camembert ! C’était Byzance. Ce grand torchon constellé de taches de graisse se trouvait là fort à propos ! S’y agripper et ainsi grimper jusqu’à son déjeuner ne serait qu’un jeu d’enfant. Mais il y avait les deux compères… Soudain elle sursauta ; le ton montait.
« Tu crois qu’il se doute de quelque chose ? ! S’écria l’un d’eux, l’air incrédule. Mais enfin il est bien trop naïf ! »
C’était le moment ! Elle fut en haut, près du panier tant convoité en un clin d’œil.
« Tu es sûr ? »
Elle fourra son nez dans le plus beau trou de ce gruyère bien doré.
« Mais oui, et puis tu sais comme il est distrait ! »
Elle retira son nez à regret du gruyère, la bouche pleine : il fallait respirer ! Bien lui en prit. Elle frissonna, son ennemi la fixait, ses moustaches dressées ; il bondit. Elle disparut derrière le panier sans perdre une parcelle de son morceau de fromage, et détala. Le chat, fou de rage, la poursuivit sous les cris des deux conjurés. Ensemble ils dévalèrent les escaliers et parcoururent les couloirs à une allure folle. Mais pendant ce temps-là sur la scène se jouait un autre drame :
« Monsieur le docteur, vous voyez comme je souffre ! ».
Dans les coulisses la poursuite continuait. Les décors défilaient devant leurs yeux mais ils étaient trop occupés : elle à garder bien en bouche son fromage et lui à attraper cette insolente.
« Je vois, buvez ce bouillon »
Ils traversèrent le rideau : « Hiiiiiiiiii ! Une souris ! »
Tout se passa très vite ; elle se faufila entre les médicaments mais lui, trop gros, renversa le bol de soupe qui tomba à terre. Celui-ci était destiné au malade mais il était rempli d’un poison violent. Les autres acteurs le jalousaient. Le public soudain se leva ; le tapis sur scène avait changé de couleur… Quant à la souris elle était déjà loin avec son morceau de fromage.

Maxime, Karl, Evan, Mathieu, Xavier, 5e 2 Collège Jean Monnet de Luchon



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L’abeille gourmande

Il était une fois une abeille qui voyageait de ville en ville avec un groupe de forains parmi lesquels elle se trouvait fort bien. Dans chaque fête foraine où ils s’arrêtaient, elle en profitait pour se régaler de friandises.
La troupe, cet été-là, partit de Paris pour la Bretagne. L’abeille ne se fit pas prier, là-bas elle savourerait de délicieuses galettes bretonnes… ou bien des crêpes au sarrasin…
Et en effet, tandis que les forains visitaient la région, après avoir installé leur campement et monté les manèges non loin de Quimper, l’abeille se trouvait devant un dilemme : à quoi fourrerait-elle sa crêpe ? Chocolat ? Confiture ?
Elle n’en n’oublia pas cependant de rendre une petite visite à l’océan. La semaine finie, ils replièrent leurs affaires et partirent pour Montélimar. Le trajet fut long mais les relais gastronomiques ne manquaient pas. Enfin là-bas, l’abeille se régala de délicieux nougats frais tandis que la troupe se promenait dans les montagnes. Pendant leur promenade le temps se dégrada et le brouillard vint les perdre dans les montagnes. Ils furent enfin accueillis dans un petit village. On leur offrit à manger et à boire et un lit pour la nuit. L’abeille était revenue à la caravane et depuis, les cherchait dans toute la ville. Fatiguée, elle s’endormit et le lendemain voleta de joie en les voyant arriver. Alors le manège tourna pendant une semaine puis ils plièrent bagages et partirent pour Bordeaux. Là, ils louèrent un petit bateau et ils naviguèrent sur l’estuaire de la Gironde jusqu’à l’océan. Ils longèrent les côtes et dégustèrent des fruits de mer. Pendant ce temps l’abeille goûtait aux cannelés et aux macarons de Saint-Emilion. Le lendemain le manège tourna pendant une semaine. Puis ils gagnèrent les Pyrénées. La troupe se promena dans les belles montagnes exposées au soleil. La neige brillait sur les sommets aux neiges éternelles. Ils dormirent dans un refuge ; mais l’abeille, elle, alla visiter la miellerie des Sept Moles. Ce lieu était un vrai paradis ; elle était toujours là le lendemain.
Peu après elle rencontra d’autres abeilles qui lui dirent de venir avec elles à la recherche de fleurs odorantes, pour en cueillir le pollen. L’abeille les observa puis se mit au travail. Elle se plut avec ses nouvelles amies et décida de rester à Luchon. Les forains repartirent pour leur tour de France.

Damien, Mathieu, Lénaic, William, Jonathan, 5e2 Collège Jean Monnet de Luchon

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« - Patrick, tu sais, tu devrais te mettre au régime, ça serait bien pour toi et ta santé.
- Si tu veux, si tu veux… »
Patrick, jeune policier, marié, deux enfants décide de faire un régime car sa femme le lui demande et il l’aime tellement qu’il ne peut rien lui refuser ! Un matin, il se rend à son travail, le téléphone sonne : la bijouterie « Le Manège à bijoux » a été cambriolée. Patrick décide de se rendre sur les lieux. Au fond de la pièce reste une porte intacte, il se dirige dans sa direction, l’ouvre et découvre un monde où tout est consommable ! Les rivières et les fontaines sont en chocolat, l’eau également, les arbres en sucre… ! Il décide de prévenir ses collègues mais quand il revient la porte est fermée à clé. Il se retourne et voit une maison entièrement conçue en nougat. Il sonne et reste collé à un chamallow. La porte s’ouvre et une vieille dame, toute ridée apparaît. Elle le décolle et il aperçoit sa femme, son fils et sa fille attachés. La vieille dame lui tend un papier où il découvre les mots suivants :
« Si tu veux revoir ta famille chez toi tiens un régime pendant une semaine sans excès ! » Il accepte car il adore sa famille.
Le lundi tout se passe très bien mais il a failli craquer devant un éclair au café. Mardi il passe devant une pâtisserie et voit un gâteau au chocolat, l’achète et le ramène chez lui, le met dans son frigo, se coupe une part et… ne succombe pas à la tentation.
Vers la fin de la semaine, à 14 heures en sortant de son bureau il passe devant l’épicerie du coin et voit une poule aux trois chocolats avec des petits œufs enrobés de caramel fondu. Il décide de l’acheter et de la ramener à la maison. Il la mange sans réfléchir et après se rend compte qu’il n’aurait pas dû faire cela. Il retourne à la porte va voir, sonne et reste collé à la sonnette, la vieille dame arrive le décolle et lui tend un papier :
« Vous n’avez pas résisté à la tentation, votre famille sera brûlée ! Ha ! ha ! ha ! » Tout à coup il entend : « Dring, il est 7 heures, dring. »
Il se réveille en sursaut et découvre sa femme en train de ronfler doucement. Quel soulagement ! Comment peut-on faire de tels rêves ?
Mais peu après, au petit-déjeuner un petit frisson désagréable le parcourt tout entier car sa femme lui dit :
- Patrick, tu sais, tu devrais te mettre au régime, ça serait bien pour toi et ta santé..
- Si tu veux, si tu veux…
Lorsqu’il est installé à son bureau le téléphone le fait sursauter : la bijouterie « Le manège à bijoux » a été cambriolée ! Il se rend sur les lieux et découvre comme dans son rêve les vitres cassées, la porte fermée. Il retient son souffle, ouvre la porte et découvre de vieux balais et une pelle.

Laure, Estelle F., Estelle G., Pauline, 5e2 Collège Jean Monnet de Luchon


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POEMES GOURMANDS


Les textes qui suivent s’inspirent de Michel BEAU, Le Hérisson, Scriptoformes


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La seiche

Sourdement tu survoles le sable
Silencieusement tu salues le sandre
Tu sais que
Tu vas finir systématiquement dans la soupière après avoir séché au soleil de Sète avec tes synonymes la pieuvre sévère, le poulpe saltimbanque et le calamar sauteur et sympathique
Alors
Tu surnages singulièrement au milieu du sel et du serpolet qui composent ta sauce.
La noirceur de ton encre sombre cache la silhouette de tes frères de sang.
Parfois, tu atterris dans un sanglot sur le grill spectaculairement chaud nappé de sauce succulente
Dans un dernier sursaut tu sombres dans un profond sommeil
Pour le plus grand plaisir de ces gourmets sanguinaires venus savourer ta substance

                                                               Sarah,  5°DAS, collège Luchon

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L’oursin

Comme une ombre sous la mer, qui résiste aux ouragans
Tu sais
Que tu défies les hommes avec tes outils pointus que tu ouvres tous les jours
Occupé par l’Océan Pacifique, tu oublies le bruit des mouettes qui volent au-dessus de la mer dont l’onde oblige les otaries à te respecter
 Tu sais
Qu’à l’ouest de la grande Ourse l’heure de l’ouverture de la pêche sonne
Et que l’outre-tombe t’attend sur le plan de cuisine où, outragé, tu te retrouves tout nu
Alors ton fumet odorant sort de la poêle  et ton onctuosité fait s’ouvrir une bouche qui va te déguster 

Amélie,  Julia,  Sarah, 5° DAS, Luchon


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Le sanglier

Seigneur des forêts, amateur de salades couché sous le sapin
Tu sais
Que tu savoures l’herbe des prairies que tu te roules dans la boue restant sage mais toujours sauvage
Le groin sous les feuilles savourant aussi les glands mais surtout les châtaignes
Tu te couches sous les ronces
Tu sais
Que le chasseur silencieux va surgir
Sauvagement tu te défends mais
Le chasseur satisfait s’enfuit et t’emporte
Il sait déjà comment te savourer
Tu seras un civet !

Mathieu L.,  Mathieu S., Sébastien,  5° DAS,   Luchon


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Le Gâteau à la moutarde

Quand je rentre d’une fête
Et que je sens ce doux fumet
Je me cache derrière la fenêtre
Et m’apprête à le dévorer.

À la cuillère ou à la louche
Mes amis trouvent ça louche.
Quand je leur en propose une part,
Ils disent qu’ils doivent prendre le car.

La moutarde dans le gâteau,
C’est une idée à moi.
Je trouve ça bien beau,
Mais personne n’aime ça.
Valentin, élève de 4e 2, Collège de Luchon.

Le chat Mallow aperçut une souris.
Imaginez l’extase quand il la vit !
Cela allait satisfaire son appétit.

Il se dit : « je vais commencer par la queue.
Ensuite je mangerai la tête et les pattes,
Et pour finir, le corps, c’est le plus savoureux. »

Il songea la partager avec ses amis,
Touché par ceux qui ont moins que lui.
Mais comme il était avare, il n’alla pas les voir.

Et le temps de se décider,
Elle avait filé.
Un autre chat arriva et la lui mangea.

Laurent, élève de 4e 2, Collège de Luchon.

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Mon père a la recette
Pour faire les omelettes.

Les œufs mimosa,
Ma mère adore ça !

La comtesse de Ségur
Devait aimer les œufs durs.

Je ne sais pas si au Kenya
On connaît les œufs au plat.

Le cuisinier met une toque,
Pour faire les œufs à la coque.

Tous les enfants que voilà
Cherchent des œufs en chocolat.

Mais moi seule ai le secret
Pour les œufs brouillés,
Car, sans vous embrouiller,
Ce sont mes préférés.

Gaëlle, élève de 4e 2, collège de Luchon.


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Le Moka

Lorsque je le vois dans la vitrine,
Mon cœur s’affole, bat la chamade,
Mon ventre gourmand crie famine.
Le moka est là… Je le regarde.

Je ne peux m’empêcher de penser
À ce doux vendredi de février
Où, pour la première fois, j’ai goûté
À son délicieux goût caféiné.

Dans la pâtisserie, je me rappelle
De sa douce et molle texture
Ressemblant à de la confiture
Aux senteurs raffinées et éternelles.
Mais le bruit sec de l’emballage froissé
Du pâtissier attendant sa monnaie
Me ramène à mon but particulier :
Le dévorer !

Estelle, élève de 4e 2, Collège de Luchon.


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Le Foie gras

Foies gras, d’oie ou de canard bien engraissés,
O sublime plat raffiné et recherché !
Infuse ton odeur dans la salle à manger,
Enveloppe-moi de cette tendre douceur poivrée.

Goûtons à ce traditionnel plat divin !
Rien que d’entendre ce doux craquement de pain !
Accompagné ou pas d’un savoureux vin,
Sans nul doute, c’est un véritable festin.

Émilie, élève de 4e 2, Collège de Luchon.


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Les Merveilles

Dans un bain d’huile crépitant,
La pâte enfle et me sourit.
Et pendant ce court instant,
Leurs odeurs exquises
Réveillent ma gourmandise.

De blancs ils deviennent dorés.
Leur aspect chaud et bombé,
Saupoudré de sucre, est plein d’attraits.
Enfin ils sont prêts !

J’ouvre grand ma bouche d’enfant :
Et j’apprécie chaque moment,
Le goût succulent et croquant
De ces beignets d’antan.

Sydney, élève de 4e 2, Collège de Luchon.



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La Pizza

Fromage coulant sur la tomate qui stagne,
Le tout formant la plus jolie des montagnes !
Quelques olives égarées sur cette vaste étendue
Tiennent compagnie à des rondelles de chorizo qui suent.

Impossible de résister,
Quand cette rondelle bien garnie
Fait frétiller les papilles, aiguise l’appétit.
Le ventre gargouille, affamé.

Quand on prend une part,
Certaines olives disent au revoir,
Dévalant la pente raide
De cette pizza napolitaine !

Mordant dans cette fine nappe blanche et farineuse,
Ma bouche est rougie par la tomate onctueuse.
Chaque jour j’en rêve, chaque jour j’y suis.
Et c’est pour ça qu’aujourd’hui,
Les pizzerias c’est ma vie !!

Maéva, élève de 4e 2, Collège de Luchon.


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Cake au pralin

Ce matin, maman a fait un cake au pralin.
La cuisine, la maison, tout le patelin
Se sont peu à peu remplis de son doux parfum.
Pendant que la pâte gonflait,
Tout le monde est arrivé.
Quand j’ai voulu le cacher,
Maman m’a interpellée.
Et je lui ai dit : « je n’aime pas partager
Ce qui, dans la journée, me fait le plus rêver. »

Cindy, élève de 4e 2, Collège de Luchon.

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Manger une salade de fruits, c’est exquis !
De la pomme croquante à la poire fondante,
En passant par le granuleux kiwi et la juteuse orange,
Je goûte l’abricot et le litchi
Pour m’envoler vers d’autres pays.

Les agrumes me transportent en Espagne.
Pour la banane de Congo, je passe des montagnes.
Je savoure la mangue du Panama,
Vole de la Moldavie au Nigeria.

Tous les fruits j’ai goûtés,
Toutes les saveurs j’ai admirées.

L’ananas reste mon préféré,
Fondant, acide et juteux…
Je succombe à sa pulpe dorée.

Yoan, élève de 4e 2, Collège de Luchon.

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Délicate fraise, récolte de l’été,
Ta senteur fraîche s’assemble à tous les mets.
Quand ton grain de peau plonge dans la chantilly,
Cette crème embrasse tes formes rebondies.

La glace fond d’envie pour ton cœur sucré.
Croquante puis tendre, quel doux plaisir fruité !
Tu es la compagne idéale de toutes les envies,
Vénérée des grands comme des petits.

Amandine, élève de 4e 2, Collège de Luchon.


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Mousse au chocolat

Ma cuillère, comme un navire argenté
Nage dans cette mer d’onctuosité,
Frôlant les pépites chocolatées,
Joyaux de cette mousse sucrée.

Je me suis échouée, endormie,
Bercée par cette douceur infinie,
Portée par sa légèreté
Ce parfum qui me fait tant rêver.

Justine, élève de 4e 2, Collège de Luchon.


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Comment faire des crêpes…


Prenez un saladier profond et bien étanche.
Versez-y la farine en quantité bien blanche.
Puis cassez les œufs avec délicatesse.
Mélangez le tout avec plein d’allégresse.

Laissez tranquillement le tout reposer.
Une odeur alléchante circule dans la cuisine :
La poêle sur le gaz est en train de chauffer
Pendant ce temps, buvez un verre de grenadine.

Que de plaisir à voir couler la pâte fière
Dans cette poêle, chante, chante en sourdine.
Et ce grésillement vient chatouiller mes oreilles,
Tandis que sur les bords se forment des dentelles.

Voilà cette pâte devenue une crêpe fluette,
Décollée délicatement de la poêle et posée dans l’assiette.
Avec les doigts saupoudrés un peu de sucrette,
Je dévorerai tout sans en laisser une miette.

Marie (avec l’aide de son papa), élève de 4e 2, Collège de Luchon.


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Mon enfance dans les cuisines
J’ai grandi auprès d’un père cuisinier.
Je me revois près des fourneaux traîner,
Par toutes ces odeurs envoûté.

À nouveau mon ventre gargouille
En voyant la ratatouille
Posée sur une table soigneuse,
Prête à être dévorée par les skieuses.

À ma droite du pain.
Je vais en manger plein.
À ma gauche des tartelettes.
Miam, j’y plongerais bien la tête.
Devant moi les serveurs et puis mon père,
En train de cuire les pommes de terre.
Alors je prends une assiette et je me sers.
En me voyant, mon père est vert.

Je n’ai plus qu’à repartir,
Après avoir satisfait le désir
De déguster une bonne mousse,
Qui me fait une moustache rousse.

Théo, élève de 4e 2, Collège de Luchon.


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Cornes de gazelle


Sa forme en croissant si raffinée,
Habillée d’un sucre léger,
Rappelle la lune claire.

Fourrées de pâte et d’amandes
Dont les éclats se dispersent
Et fondent sur la langue.

La cuisson les dore et me berce
Leur odeur envoûtante me caresse,
Et mon cœur dégringole.

Vient enfin la dégustation.
C’est une explosion d’émotion,
Brève, mais intense.

Yassine, élève de 4e 2, collège de Luchon.

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La forêt noire

L’invitée la plus attendue
Au dessert enfin apparut.

Fondu était le chocolat
Onctueuse la pâte sembla.
Regardant ma superbe part,
Écumant devant sa chair noire,
Tout chaviré, je l’entamai.

Nombreuses étaient les tendres cerises,
Offrant leur belle robe exquise.
Intense, le cacao, sur mes lèvres
Recouvertes d’une moustache légère,
Égraine son petit goût doux amer.

Alexandre, élève de 4e2, Collège de Luchon.

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Les Pommes


Toi qui pousses sur un pommier,
En été, je suis pressé de te croquer,
Car tu es si sucrée
Que je ne peux te résister.

Mais, malheureusement, il faut que j’attende l’automne,
Car c’est à ce moment-là que tu es bonne.
Pomme à la belle robe rouge,
Je vais te manger si tu bouges !
Gare à ton cœur étoilé,
Je vais te dévorer !

Jean-Guillaume, élève de 4e 2, Collège de Luchon.


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Notre projet :

1 Présentation de notre classe :
Nous sommes neuf élèves, issus de différentes classes, regroupés dans le Dispositif Aide et Soutien 4e du Collège Jean Monnet de Bagnères-de-Luchon (uniquement pour le Français et les Mathématiques). C’est une classe particulière : les élèves ont des difficultés dans ces matières, mais sont motivés pour réussir.

2 La mise en œuvre de notre objectif :
Nous avons choisi de décliner le thème « Gourmandise » à travers le prisme des cinq sens : odorat, toucher, goût, ouïe, vue. Notre travail nous a portés vers la forme poétique.

3 Règles de versification choisies :
Nous avons décidé de consacrer un quatrain pour chacun de ces cinq sens. Le type de vers retenu a été l’alexandrin. Pour les rimes, nous avons essayé de varier en utilisant les trois systèmes : rimes suivies, croisées et embrassées. Au préalable, nous avions effectué une recherche spécifique d’un vocabulaire poétique : rimes suivies, croisées et embrassées. Au préalable, nous avions effectué une recherche spécifique d’un vocabulaire poétique adapté à chacun de ces sens.

4 Processus de création :
Chaque élève a préparé un poème sur la plupart des cinq sens. Ces textes ont été mis en commun en classe, puis corrigés et améliorés ensemble. Les meilleurs ont été retenus, et peaufinés à nouveau, pour parvenir au résultat final.

Litchi

Tu exhales cette odeur suave, coquine,
Qui parfume l’air et m’enfle la narine,
Telle un litchi trop fruité, juteux, gouleyant,
L’âme est chavirée par ce soupir enivrant.


Délicatesse

J’effleure le fluide bleu de l’eau glacée,
Je frôle tous les velours avec volupté…
Telle la caresse d’une feuille froissée,
Tout mon corps frissonne de sensualité !

Rêve gourmand

L’enfant savoure ce paysage moelleux,
Croque un palais fait de meringue succulente
Se délectant d’une alléchante île flottante,
En forme de fontaine où coule un lait mielleux.


Musique céleste

Au son clair de cette mélopée harmonieuse
Que ce chœur d‘anges ne cesse de susurrer,
La musique m’apparaît douce et mélodieuse
Comme un ruissellement ravi de murmurer.

Arc-en-ciel

Deux amants vont, dans la lumière mordorée
Reflétée sur les nuages blancs de l’aurore,
Se fondant sous l’arc irisé multicolore
Illuminant le ciel d’une clarté diaprée.

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Repas de famille

Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres… Agnès est très excitée ! Et moi aussi, car nous avons des invités ! Elle prépare depuis ce matin un bon repas. Toutes les odeurs épicées de la cuisine me chatouillent délicatement le museau. Elle n’arrête pas de poser la même question : « Où sont les crevettes ? ». Les senteurs s’accentuent au cours de la matinée et cela me fait frétiller les papilles.
La sonnette retentit et des voix s’élèvent dans le salon. Je m’y précipite et je me retrouve face à la Tante Louise qui a généralement des mots doux à mon sujet : « Oh ! Bigoudi !… toujours aussi laid ce chien ». Je n’y prête aucune attention, je suis trop occupé à humer l’odeur du riz en sauce. Les invités arrivent les uns après les autres et la famille se retrouve rapidement au complet ! Tout le monde est là… de papy Jeannot à bébé Arthur qui tient dans ses petites mains un biberon de lait chaud. Cousin Mathieu et sa copine Julie se tiennent la main, tous deux gourmands d’amour.
Tout le monde s’assoit ! J’en déduis que le repas commence. Je repère rapidement les places des personnes qui me donneront de la nourriture et je me positionne entre les chaises. Les discussions s’enchaînent mais prennent fin quand Agnès amène le seul et unique plat : la paëla !
Je manque de m’évanouir à la vue et à l’odeur qui remplit la salle. Je résiste à la tentation de sauter sauvagement sur la table, arrêté par un coup de chiffon de ma maîtresse qui m’ordonne d’aller à mon panier. Au bout d’un instant, impossible de rester en place, car mes pensées sont toutes tournées vers la paëla. Je repars discrètement à l’attaque, et je me faufile tout droit vers Cousin Mathieu qui a toujours une petite gourmandise à me donner. Il connaît mes péchés mignons : les têtes de crevettes. Il m’en donne une, deux, trois… hum ! Oh ! Il n’en a plus ! Je regarde à gauche, à droite… je fonce vers bébé Arthur ! Car j’ai repéré des grains de riz éparpillés sur le sol. Tante Louise, qui est toujours à sa proximité, me chasse à coups de pieds lorsqu’elle me surprend sur le fait.
Je retourne une nouvelle fois au panier. Mais, à mi-chemin, j’aperçois Agnès très occupée dans la cuisine… Vision de rêve, le dessert : un moelleux au chocolat ! Oh ! Je reconnaîtrais toujours son odeur, ainsi que sa composition : beaucoup de sucre, beaucoup de chocolat… tout ça pour donner un plaisir inoubliable. La distribution se fait très vite et sa senteur se répand rapidement dans la pièce. Je me lèche les babines et je vois à ce moment-là la part de bébé Arthur tomber par terre. Peu importe Tante Louise, je m’y précipite. Je le savoure, je le dévore et je le mange jusqu’à la dernière miette. L’enfant se met à pleurer, ce qui alerte tout le reste de la famille et en particulier ma maîtresse. Celle-ci m’amène dehors, m’y attache, remplit mon bol de croquettes et me dit : « Maintenant, tu te contenteras de ça ! » Elle s’en va l’air fâché, en claquant la porte derrière elle. Pour moi peu importe, j’ai eu mon dessert…

Lorène, Roxanel, Mélanie, Johanna (élèves de 3e3, Collège de Luchon).


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Tagliatelles à la crème chantilly

Par une belle journée de juin, un homme d’affaires avait rendez-vous dans un restaurant tenu par un Italien. Ce dernier était un homme corpulent aux yeux bleus que l’intelligence faisait briller. Il était passionné de cuisine et passait son temps à inventer des recettes. L’autre, avec sa queue-de-cheval et ses yeux noirs en amande, dirigeait une petite usine de pâtes alimentaires.
Une fois à l’intérieur, l’homme d’affaires se présenta à l’accueil. On lui montra la table où l’attendait le chef italien. Il le rejoignit et le salua :
— Bonjour. Monsieur Marcello, je suppose ?… Mon nom est François Martin.
— Asseyez-vous, Monsieur Martin, lui dit le restaurateur.
Ils s’installèrent confortablement.
— Je vais vous faire goûter ma recette et vous me direz ce que vous en pensez, annonça Marcello avec enthousiasme.
— C’est d’accord. Voyons cela.
L’Italien claqua des doigts et un serveur apparut, portant un plateau où trônait un plat étrange.
— À première vue, commenta l’Italien, on pourrait penser qu’il s’agit simplement de pâtes avec de la chantilly, mais ce n’est pas si simple. Voyez-vous, à l’intérieur des pâtes, il y a de la glace à la fraise, à la vanille et au chocolat. Le tout est saupoudré d’éclats de noix et orné d’un soupçon de coulis de chocolat chaud.
Le serveur déposa le plat devant François Martin, qui commença par admirer l’ouvrage avant d’entamer ce somptueux et extravagant dessert.
Soudain, on entendit un bruit de vaisselle cassée provenant des cuisines. L’Italien se redressa d’un air étonné (son restaurant était de grande classe et il paraissait incroyable d’y entendre un tel vacarme), puis il s’excusa et se leva pour aller voir ce qui se passait.
François Martin le regarda presser le pas vers le brouhaha qui venait des cuisines. Profitant de cette absence providentielle, il cracha le morceau qu’il venait de mettre dans sa bouche.
Quelques minutes plus tard, il vit sortir un homme des cuisines en pleurant. Puis Marcello apparut à son tour, un peu rouge. Il revint s’asseoir à table et expliqua :
— Je viens de renvoyer cet homme. Ce n’était pas la première fois qu’il faisait une erreur. C’est impossible d’être aussi étourdi. J’en suis venu à me demander si ce n’est pas de la malveillance.
L’homme d’affaires acquiesça, puis baissa les yeux sur son plat. La question qu’il redoutait ne se fit pas attendre :
— Revenons à notre affaire. Alors, qu’en pensez-vous ?
Marcello désigna le plat de tagliatelles, ravi d’avance des compliments que le Français allait immanquablement lui faire. François Martin hésita, gêné.
— Écoutez, Monsieur Marcello, je n’ai pas l’habitude de mentir, encore moins quand il s’agit de nourriture et d’argent. Malgré sa belle apparence, votre dessert a un goût épouvantable. Il ne faut pas avoir de palais pour garder cette horreur plus de dix secondes dans la bouche. Impossible de commercialiser ce dessert. Je vous conseille d’abandonner votre idée de confectionner des pâtes sucrées. Vous perdez votre temps. En revanche, si une prochaine fois vous voulez me proposer un plat de pâtes chaudes, qui contiendrait cette épice si particulière que vous avez glissée dans vos tagliatelles…
— Une épice ? ! s’étonna Marcello. Mais il n’y a pas d’épice dans mes tagliatelles…
— Je dois vous laisser, le coupa l’homme d’affaires. Je suis un homme très occupé et j’ai un autre rendez-vous dans une demi-heure.
Marcello voulut protester, mais François Martin franchissait déjà la porte d’entrée.
— Une épice ! répétait Marcello sans y croire.
Il s’empara d’une fourchette, piqua dans le plat de tagliatelles et goûta à son tour. Il changea subitement de couleur et recracha tout sous le regard effaré du serveur. Il entra dans une colère noire qui ne le quitta pas pendant plusieurs jours. Il parla même de retrouver l’employé qui l’avait aidé à préparer le plat et qui avait été renvoyé pour son incompétence. Il les lui ferait manger toutes, ses tagliatelles épicées ! grondait-il.
L’orage finit par passer. Il continua à travailler à des idées nouvelles de desserts de pâtes, tous plus originaux les uns que les autres. Il devint bientôt célèbre et recherché. On vint de très loin pour déguster ses surprenantes recettes.
Quant à François Martin, il n’en entendit plus jamais parler. L’homme d’affaires, c’est certain, n’a sans doute jamais compris d’où pouvait venir tout ce succès.

Virginie, Thibaud, Cédric (élèves de 3e2, Collège de Luchon).


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La crêpe

Sur la table, une crêpe repose, enroulée au milieu d’une assiette en faïence, délicieusement fourrée de lardons dorés à la poêle et de fromage fondant. C’est l’odeur de l’emmental chaud qui m’a attiré jusqu’ici, qui m’enfle les narines et fait frétiller mes papilles. Ma main me démange de saisir cette magnifique crêpe. Je ne peux plus y résister…
Mes dents mordent à travers la pâte et le fromage épais. Les lardons croquants sous mes molaires se mélangent délicieusement dans ma bouche au fromage fondu.
À peine ai-je avalé la dernière bouchée que j’aperçois, juste à côté de la première assiette, une fine tranche de pain grillé surmontée d’une épaisse et onctueuse rondelle de chèvre chaud arrosée d’un filet de miel d’acacia. Comme je déguste cette belle tartine, j’entends le craquement du pain grillé, dont la mie est moelleuse et chaude à l’intérieur. Et ce fromage si souple, juste un peu doré sur le dessus, quelle saveur ! Le petit goût sucré du miel reste encore sur les lèvres que j’humecte avec délice. C’était ma dernière bouchée…
Brusquement, ma sœur arrive, rouge de colère, presque les larmes aux yeux. On l’entend hurler dans toute la maison :
— Où est ma crêpe ?
Manquant de m’étouffer, je finis par lui demander en bégayant :
— Mais… Quelle crêpe ?
— Celle que j’ai faite tout à l’heure avec maman ! Si, tu sais… Ma crêpe aux lardons ! Je voulais la manger maintenant, ajoute-t-elle, les yeux larmoyants.
Je toussote.
— heu… je… je ne sais pas…
— ah bon ? fait-elle d’un air soupçonneux. Et c’est quoi ce fromage sur tes lèvres ?
— Ah ça ?…Heu… C’est…
Mes jambes tremblent. Après un temps de réflexion, sentant que je suis coincé, je lui lance :
— Ben oui, je te l’avoue, c’est moi qui l’ai mangée, ta crêpe. Mais je ne savais pas du tout qu’elle était pour toi.
— Je vais le dire à maman ! répliqua-t-elle aussitôt
Je ne veux pas qu’elle lui dise, ça non ! Pas question d’être puni pendant des jours. J’ai soudain une idée.
— Écoute, Laura, si tu veux, on peut faire des crêpes maintenant, tous les deux. Et tu ne dis rien à maman. Ce sera une surprise !
Elle me regarde avec un petit sourire. Ses yeux commencent à s’illuminer de joie. Tout en riant, elle me dit :
— D’accord, mais à une seule condition : j’ai droit à trois crêpes et toi seulement à deux !
Nous nous mettons à l’ouvrage. La cuisine se change bientôt en champ de bataille, où gisent farine, taches de lait et coquilles d’œufs. Plus le temps passe et plus il y a de crêpes, au point de ne plus pouvoir les compter.
Quand nos parents arrivent, ils en mangent quelques-unes. Mais il en reste des montagnes. Laura qui pleurait tout à l’heure, rit aux éclats maintenant. Elle est servie, et même bien servie… Elle parle déjà d’inviter toutes ses copines à participer au festin.

Marie-Neige, Cécile, Rachida, May-Li (élèves de 3e3, Collège de Luchon)


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Pour une poignée de truffes

En ce brumeux matin d’automne, Jacques entreprend de ramasser les feuilles qui encombrent son jardin. À peine sorti sur l’allée humide, il aperçoit la silhouette trapue de son voisin avancer lourdement dans sa direction.
— Qu’est-ce qu’il veut encore celui-là… bougonne-t-il.
Marcel arrive au niveau du portail et brandit un petit sac dont il extrait une énorme truffe.
— Tu l’as vue, celle-là ? ! J’te mets au défi d’en trouver une pareille ! J’m’en va me faire l’omelette du siècle ! Adiou !
Jacques devient vert. De rage, il lâche son râteau, abandonne ses feuilles et rentre chez lui en marmonnant.
Le lendemain, Marcel sort de sa maison avec un sac. Jacques décide de le suivre à distance, n’hésitant pas à se cacher derrière les arbres pour ne pas se faire repérer. Toute la matinée, il se fait promener de droite et de gauche. Il finit par rentrer bredouille, épuisé et furieux. Ce gredin de Marcel l’avait sûrement aperçu. Ce n’est pas aujourd’hui qu’il va découvrir son coin à truffes.
Dans l’après-midi, Jacques sort en douce de chez lui et part en direction de la ville. Il revient au coucher du soleil, parlant à un cochon qu’il tire en laisse. Marcel le regarde passer avec des yeux gros comme des soucoupes.
— Qu’es aquo ? se demande-t-il dans sa barbe. C’est quand même pas avec ce saucisson téléguidé qu’il espère trouver mes truffes…
Et il rit tout seul le reste de la soirée.
Au lever du jour, Marcel, en allant chercher le courrier, voit Jacques revenir avec son cochon et un sac qui paraît lourd. Il lui demande :
— Qu’as-tu dans ce gros sac ?
— Devine un peu ! ricane Jacques en entrant chez lui.
De la fenêtre de sa cuisine, il observe Marcel et jette son sac plein de cailloux sur la table. Le cochon ne s’est guère montré performant pour la chasse aux truffes, mais ce bougre de Marcel n’a pas besoin de le savoir.
Dès son réveil le lendemain, Jacques alla voir son cochon dans son enclos, mais il ne l’y trouva pas. La barrière était fendue et l’animal semblait s’être échappé.
— T’as perdu quelque chose ? lui cria Marcel de l’autre côté de la clôture.
— Non, non, rien…, mentit Jacques.
— Veux-tu venir manger chez moi ? Je trouve que cela ne nous apporte rien de nous chamailler pour des truffes. J’ai fait un bon ragoût. Viens donc t’en mettre plein la lampe.
Jacques hésite, mais accepte. Ils festoient donc tous les deux comme de bons vieux amis. Marcel, les yeux brillants, observe Jacques saucer avec appétit son assiette. Il reprend même plusieurs fois du ragoût.
— C’est délicieux, qu’est-ce que c’est ?
— Du porc, répond malicieusement Marcel.
Ils se regardent longuement.
— Du porc ? répète Jacques.
— Oui. Ton porc, réplique Marcel.
Jacques se lève, tourne les talons et sort. Marcel, étonné, reste un instant bouche bée. Puis il entreprend de débarrasser la table, quand, tout à coup, il entend un hurlement suivi d’un coup de feu. Il voit la porte exploser. Jacques entre en beuglant :
— J’m’en va te truffer la carcasse de plomb !!!
Marcel court aux quatre coins de la pièce, avant de s’enfuir dans les bois. Trébuchant sur une racine, il tombe au moment où Jacques le rattrape et s’apprête à tirer de nouveau.
C’est alors qu’ils entendent un grognement dans les buissons. Tournant la tête, ils aperçoivent le cochon de Jacques en train de creuser frénétiquement le sol et de déterrer une belle truffe. Après un bref échange de regard, Marcel se relève, Jacques jette son arme et tous deux se jettent sur le cochon. L’un retient la bête tandis que l’autre ramasse les prodigieuses truffes : trois beaux spécimens, qu’ils vont admirer longtemps dans la lumière déclinante du soir.
— Il n’est pas si mauvais, ce cochon.
— Le mien n’est pas mal non plus, réplique Marcel, faisant référence à son ragoût.
Et tous d’eux partent d’un grand rire qui résonne d’une maison à l’autre. La soirée s’achève devant une bonne omelette aux truffes, partagée dans le calme et la bonne humeur… enfin, jusqu’à la prochaine dispute…

Julien, Kari, Mickaël (élèves de 3e 2, Collège de Luchon).

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Repas d’anniversaire

René est un vieil homme de 77 ans, naïf et chanceux. Il vit seul dans une maison assez luxueuse et confortable et n’est pas proche de sa famille : deux enfants, quatre petits enfants, une femme enterrée dans le jardin. Il préfère la compagnie de sa maîtresse, Ginette, dont presque personne ne connaît l’existence.
C’est avec elle qu’il a décidé de fêter aujourd’hui ses 78 ans. Elle lui a mitonné un bon petit repas composé d’un succulent canard à l’orange, précédé d’un foie gras et suivi de profiteroles. René mange avec appétit, car c’est son repas préféré. À la fin de ce petit festin, il a la peau du ventre bien tendue, au point où il doit déboucler sa ceinture pour respirer plus librement. Il complimente Ginette sur ses talents de cuisinière. Il s’estime très gâté de l’avoir pour compagne.
C’est alors que le téléphone sonne. René décroche : il s’agit de son fils.
— Allô papa ? Bon anniversaire ! Peux-tu venir nous rejoindre à la maison ? On a une surprise pour toi.
— À vrai dire, je ne suis pas très en forme…
— Allez papa, viens ! Nous sommes tous réunis. Nous t’attendons, tu ne peux pas refuser…
— Bon, d’accord, soupire René. J’arrive. Mais je ne resterai pas très longtemps…
— À tout de suite, papa.
René raccroche. Il regarde Ginette d’un air navré. Obligé de lui faire ses adieux, il lui promet de revenir au plus vite. D’ailleurs, c’est vrai qu’il ne se sent pas bien. Il a trop mangé. Ou peut-être est-ce le canard qu’il n’a pas digéré.
En conduisant jusque chez son fils, il grommelle. De toute façon, il n’aime pas les surprises. Quand il arrive, il s’étonne d’apercevoir sa fille, Odile, qu’il n’a pas vue depuis dix ans. Elle est bientôt rejointe par son frère Jean-Luc et sa femme Suzette. Tout le monde l’accueille avec un grand sourire et le remercie d’être venu. On le fait entrer dans le salon où l’attend un magnifique repas. Rien qu’en voyant la table mise, René a la nausée. Pâle, il s’assoit et voit arriver une dinde farcie.
Tandis que tout le monde parle et mange avec appétit, il donne discrètement les morceaux de viande au chien qui s’est installé à ses pieds. Son fils lui propose du vin, mais même cela, il ne peut l’avaler. Et c’est sa fille, qui ne buvait pourtant jamais, qui entreprend de siroter son verre, sous les yeux effarés de Jean-Luc, qui ne s’attendait pas à ce changement de destinataire. Entre deux gorgées, elle picore dans son assiette de crudités : elle est végétarienne et ne touche pas à la viande. Et pourtant, fait étonnant pour le reste de la famille, c’est elle qui a préparé la dinde et elle regarde tout le monde manger le volatile avec une certaine délectation.
Soudain, le chien se met à tousser et à éructer bruyamment. En quelques secondes, il tombe raide mort sur le tapis, la langue pendante. Suzette se jette sur lui, hystérique.
— Que lui as-tu donné ? demande-t-elle à René.
— Juste de la dinde, répond-il, perplexe.
Sa fille, Odile, ricane. Elle n’avait pas imaginé que le chien y passerait aussi.
— Ben oui, c’est la dinde ! dit-elle. Elle est empoisonnée. Vous allez tous crever pour le mal que vous m’avez fait. Vous croyiez vraiment que j’allais revenir comme ça dix ans après et que tout serait oublié. Vous m’avez toujours critiquée et mise plus bas que terre. Maintenant, c’est à votre tour de souffrir…
Tout le monde se regarde avec horreur. Odile veut se lever et partir, mais sa chaise bascule : elle se tord de douleur, les mains sur son ventre.
— C’est le vin, déclare Jean-Luc. Il était pour papa, mais tu as bu son verre. Remarque, finalement, je n’en suis pas mécontent. Tu vas y passer aussi, sale garce !
— Mais vous êtes tous fous ! s’exclame René.
— Toi, tu es riche, mais tu ne veux jamais rien nous donner, crie Suzette. Il est grand temps qu’on hérite. On a assez attendu comme ça.
— Bande d’idiots ! J’ai refait mon testament il y a deux jours : je vous ai tous déshérités. Vous pensiez vraiment que j’allais transmettre mes biens à des goinfres et des cupides comme vous, qui auriez tout dilapidé en quelques mois ! Je vais tout laisser à Ginette, ma maîtresse. Vous avez fait tout ça pour rien !
Il se lève à son tour, mais la tête lui tourne. Il s’affale lourdement par terre. Il repense au canard de Ginette. Décidément, il n’arrive pas bien à le digérer. Il a un arrière-goût acide dans la bouche. Sa langue est pâteuse, un peu bleue déjà.
De son côté, Ginette est sortie faire quelques emplettes. Elle va se remettre aux fourneaux : elle a toujours adoré cuisiner… Désormais, elle attend le coup de téléphone du notaire.

Thomas, Nourdine, Clémént, Pierre (élèves de 3e 3, Collège de Luchon).


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Le musée gourmand

Ce jour-là, vendredi 24 juillet, le Musée gourmand venait d’ouvrir ses portes. Dès le début de l’après-midi, une horde de gens vint visiter cette exposition de saveurs et de délices. Parmi eux se trouvaient Julie et Fanny, deux adolescentes accompagnées de leur mère.
Leur attention fut surtout retenue par les étonnantes sculptures en chocolat. Elles admirèrent une sublime rose, dont la fleur était en chocolat blanc et la tige en chocolat noir. Un peu plus loin, elles furent émerveillées par un splendide et appétissant paysage fait de bonbons : des nuages de barbe à papa, des arbres de pâte d’amande, une terre de caramel fondu saupoudré de copeaux de noix de coco qui représentaient la neige.
À côté, elles virent encore une fontaine de coulis de framboise qui se répandait autour d’une statue de meringue.
Pour Julie et Fanny, la tentation était trop grande : elles ne pouvaient se résoudre au fait que jamais elles ne pourraient goûter à ces merveilles.
Fanny étendit la main la première : elle plongea le doigt dans le coulis de framboise. Pas mauvais… Julie coupa un bras de la pâle meringue de la statue et l’avala presque tout rond.
Fanny lui fit signe de revenir en arrière, près du paysage de bonbons. Elles attendirent qu’il n’y ait plus personne. Vite Julie arracha un bout de nuage en barbe à papa qu’elle engouffra dans sa bouche, tandis que Fanny arrachait carrément un arbre et mordait dans la pâte d’amande du tronc. Elles raclèrent un peu de caramel, découvrirent des petites fleurs en sucre, dont elles se délectèrent.
Revenant encore sur leurs pas, elles entreprirent d’effeuiller discrètement la rose en chocolat, dont elles firent craquer les pétales sous leurs dents. La transgression de l’interdit rendait encore ces sucreries plus savoureuses.
Soudain, elles entendirent le pas de nouveaux visiteurs qui approchaient des œuvres. Elles se remirent en marche.
En repassant devant le paysage, elles virent les dégâts qu’elles avaient faits. L’œuvre, si précise et minutieuse, était saccagée. Qu’avaient-elles fait ? Leur dégustation prenait un goût bien amer.
Elles rejoignirent bien vite leur mère, qui les attendait dans le hall d’entrée. C’est avec un grand soulagement qu’elles sortirent du musée. Elles gardèrent le silence tout le chemin du retour. Elles ne mangèrent quasiment rien ce soir-là et ne dormirent pas beaucoup.
Le lendemain, on parlait dans le journal du vandalisme dont avaient été victimes certaines œuvres présentées au Musée gourmand. Elles rougirent de honte en lisant l’article et en écoutant leur mère le commenter, scandalisée.
Le temps passa, mais pas la culpabilité. Plus jamais elles ne purent visiter un musée sans avoir un petit pincement au cœur et un grand sentiment de regret.

Delphine et Camille (élèves de 3e 3, Collège de Luchon).


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Repas intergalactique

Alors que Jack, un jeune terrien de onze ans, faisait voler son cerf-volant dans le pré voisin, il aperçut un petit être vert avancer dans sa direction. Pris de peur, il lâcha le cerf-volant et s’en alla en courant chez lui.
Le petit être nommé O’krin le suivit et frappa à sa porte. Jack attendit, effrayé, que l’extraterrestre disparaisse, mais O’krin continuait à frapper inlassablement. Devant tant d’insistance, Jack se décida enfin à ouvrir en bégayant :
— Que me voulez-vous ?…
Le petit être entra, devant l’air ébahi du petit garçon, et lui raconta son histoire. Plusieurs heures passèrent, pendant lesquelles Jack l’écouta attentivement, sans l’interrompre. O’Krin expliqua qu’il était venu sur terre car il avait découvert que les humains possédaient un cinquième sens, inconnu sur sa planète : le goût. Il était curieux d’en apprendre davantage et le priait de bien vouloir l’aider à percer le mystère des saveurs.
Jack lui affirma que le goût se trouvait dans chaque aliment que l’on mangeait, ce à quoi O’krin répondit que, sur sa planète, les aliments n’avaient aucune saveur, ni aucune texture particulière.
Bien décidé à lui révéler les secrets du goût, Jack commença à lui préparer un hors-d’œuvre avec de la salade et des carottes râpées. O’krin, tout content, goûta les crudités qu’on lui présentait : ses yeux commencèrent à sortir de leur orbite et à tourner joyeusement.
Il comprenait peu à peu ce qu’était une saveur et demanda à Jack de lui préparer autre chose. Jack fit cuire des œufs et du bacon. Quand ce fut prêt, l’extraterrestre engloutit tout le contenu de la poêle.
Jack lui apporta du soda, pour se désaltérer, mais aussi plusieurs sortes de jus de fruits et puis de l’eau, afin qu’il découvre le goût de chacune de ces boissons. L’eau passa très bien, mais le soda le fit éternuer et il se mit bientôt à cracher des bulles. Jack et O’Krin furent pris d’un fou rire qui dura plusieurs minutes.
Le petit terrien avait gardé le meilleur pour la fin, car l’extraterrestre ne s’attendait sans doute pas à savourer une délicieuse part de gâteau au chocolat fondant recouvert d’un coulis de crème anglaise, qui restait du dîner de la veille. Dès la première bouchée de cette petite merveille, O’krin éprouva une sensation de liberté et de joie immense. Jamais il n’aurait imaginé manger une telle chose ! Il devait absolument retourner dans sa galaxie pour raconter aux siens tout ce qu’il avait découvert sur Terre. Sans dire un mot, il se leva et sortit, à la stupéfaction de Jack qui le regarda passer sans bouger.
Avant de monter dans son vaisseau, O’Krin entendit un bruit derrière lui et s’arrêta : c’était le jeune terrien qui venait lui porter le reste du gâteau au chocolat. O’Krin le prit et lui dit « merci ». Cela venait du fond du cœur, car il l’enlaça avant de monter dans son vaisseau et de partir vers les étoiles.

Olivier, Aymeric, Dylan, Benjamin (élèves de 3e 3, Collège de Luchon).

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Lorsque je l’ai rencontrée, la première chose qui m’a frappé chez elle, ce sont ses petits yeux chocolatés en forme d’amandes. Elle m’a frôlé et j’ai senti sur mon bras la douceur de sa peau de pêche. J’ai fixé ses lèvres rouge cerise, les plus appétissantes que j’ai jamais vues, des lèvres pulpeuses, belles comme un fruit défendu qui me donnaient l’irrésistible envie de croquer dedans.
S’apercevant soudain qu’elle m’avait bousculé, elle murmura de sa voix suave et sensuelle :
— Oh, désolée, excusez-moi…
Je lui répondis, émerveillé, que ce n’était rien. Elle continua sa route sans se retourner, laissant derrière elle les effluves d’un parfum vanillé et entêtant.
Je ne pouvais plus la quitter des yeux. Elle était sublime. J’admirais les deux poires parfaites de ses seins, le doux balancement de ses hanches, sa superbe chevelure légère comme une mousse lactée d’une savoureuse couleur ambrée.
Il avait suffi d’une seconde pour la découvrir, d’un sourire pour tout ressentir, d’une parole pour ne plus être seul. J’avais faim d’elle, faim de nous. Dévoré de désir, je ne pensais plus qu’à la saveur légèrement salée de sa peau, à son corps que j’aurais voulu goûter, serrer, happer, engloutir et garder là, bien au chaud… là, près de l’estomac, dans mon cœur, pour l’éternité.

Delphine, Alexandra, Elsa, Tara, Audrey (élèves de 3e 2, Collège de Luchon)


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Les J.O. fruitminins

Laure Ange : Bienvenue à la 3e édition des jeux olympiques fruitminins. En effet, nous n’aurons que des femmes d’origine végétale et venant de tous les continents. À mes côtés, Franck Boise, et moi-même, Laure Ange, allons vous présenter les deux étapes de ces jeux. Lors la première épreuve, celle du saut dans le rhum, nous allons procéder à leur présentation lors de leur prestation.

Franck Boise : Et voici déjà la première concurrente venue tout droit d’Asie, c’est Mlle Ananas. Mais quel fabuleux élan, tout en souplesse, elle effectue un double full back et elle se prend un plat ! Oh là-la ! Quelle compote ! Le jury lui accorde 83 points, c’est dommage pour la réception !

Laure Ange : Sur le tremplin nous attend la plus jeune de nos participantes : 8 jours à peine, toute fraîche cueillie, exportée d’Amérique Latine en Cagette, voici Albaricoquette, un très joli nom hispanique.

Franck Boise : Elle s’avance donc timidement à l’extrémité de la lame. Elle effectue un saut simple et efficace qui lui permet une arrivée magistrale dans le bassin. Les membres du jury lèvent leurs petits cartons où l’on peut lire les notes 10, 12, 12, et 13, ce qui lui donne 47 points !

Laure Ange : Et oui ! Cette malheureuse Albaricoquette n’a que la moitié de la note de la candidate précédente, Ananas, qui avait obtenu 23 points.

Franck Boise : Arrive ensuite, représentant fièrement les couleurs de l’Europe, Mlle Fraise qui court lourdement sur la lame du couteau. Oh ! Elle trébuche, elle roule, elle dégringole du plongeoir. Quelle horreur ! Elle s’est écrasée à côté du saladier sur la grande surface de marbre. C’est horrible ! Il y a du jus partout.

Laure Ange : Un bruit parcourt toutes les tribunes. Quelques spectateurs se lèvent et contestent ! Nous repassons les images de cette terrible chute pendant que l’équipe de secours ramasse les restes de la candidate à la petite cuillère.

Franck Boise : Quel sombre évènement ! À l’aide de cette vidéo passée au ralenti, nous pouvons remarquer que cette malheureuse fraise a commis une erreur qui lui a été fatale.

Laure Ange : Que se passe-t-il au premier rang ? Une information nous parvient : Mme Fraise, la mère de la défunte, est tombée dans les pommes, voilà la cause de cette agitation.

Franck Boise : Malheureusement, nous devons suspendre ces jeux. L’épreuve du rafting en gorge ne sera donc pas diffusée maintenant, mais l’émission reprendra dans quelques heures, le temps que les candidates se remettent de leurs émotions.

Laure Ange : Nous allons donc laisser les sauveteurs patauger dans la salade, tandis que nous nous retrouverons plus tard…

Noémie, Lise, Noëlie et Célia (élèves de 3e3, Collège de Luchon).


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Moulatarte enquête…

Le détective Moulatarte sirotait tranquillement son whisky, histoire de tromper l’ennui, quand soudain il entendit frapper à la porte.
— Entrez, cria-t-il en éteignant sa cigarette.
Une sublime banane, moulée dans sa robe fourreau d’un jaune éclatant, apparut dans l’encadrement de la porte et se glissa sensuellement jusqu’à son bureau :
— Bonjour, souffla-t-elle d’une voix suave.
Le détective, essayant de reprendre ses esprits, lui dit :
— Asseyez-vous, je vous en prie. Que puis-je pour vous ?
— Mes… mes enfants ont… ont disparu, dit-t-elle en essuyant la petite larme apparue au coin de son œil.
— Calmez-vous, Madame, ils ne doivent pas être bien loin.
— Ça fait trois jours que je n’ai pas de nouvelles de mes fils.
— Ne vous inquiétez pas, assura Moulatarte. Vous avez frappé à la bonne porte. Je vais mener mon enquête.
— Je sais seulement qu’ils se sont disputés avec leur voisin, Monsieur Œuf.
— C’est la première personne que j’irai voir.
— Merci.

Pendant que Madame Banane rentre chez elle, Moulatarte part en quête d’indices dans le village. Il va rendre visite au voisin des fils Banane.
— Bonjour, dit Monsieur Œuf en ouvrant la porte. Que voulez-vous ?
— Vous êtes bien Monsieur Œuf ? John d’Œuf ?
— Oui, c’est moi.
— Voilà, je recherche vos voisins, Messieurs Banane.
— Ils ont disparu ? ! dit Œuf d’un air faussement surpris.
— Oui, reprit Moulatarte. Je voudrais savoir quand vous les avez vus pour la dernière fois.
— Cela fait trois jours.
— Il ne s’est rien passé de particulier ?
— Non, rien.
— Pourtant Madame Banane m’a dit que vous vous étiez disputé avec eux peu avant leur disparition.
— Oh ça, ce n’était que des broutilles. Rien de bien méchant, vous savez.
— Quelles broutilles au juste ?
— Ils voulaient absolument savoir pourquoi je recevais souvent la visite de Monsieur Fraise. Mais je leur ai fait comprendre que ça ne les regardait pas, ce qui les a contrariés… Excusez-moi, mais je dois y aller, j’ai un important rendez-vous. De toute façon, je ne pourrais pas vous aider davantage.
— Bon et bien merci.
La porte se referme. Moulatarte la regarde un moment d’un air sceptique.

Quelques temps plus tard, plusieurs dossiers arrivent sur son bureau : tous des disparitions suspectes, comme celles de Monsieur Levure, Monsieur Eau, ou encore Monsieur Farine.
Tous se sont disputés avec John d’Œuf quelques jours avant de se volatiliser.
Moulatarte continue son enquête dans le village et fait un appel à témoins. Il reçoit alors une tomate qui prétend avoir vu une fraise accompagnée de deux bananes ressemblant traits pour traits aux fils Banane. Moulatarte, décidé à exploiter cette piste, se rend dans le quartier où la tomate a aperçu le suspect et trouve un vieil entrepôt délabré dont le propriétaire est Monsieur Framboise. Il entre discrètement à l’intérieur et distingue, au milieu de la pièce, une spatule tachée de farine. Sur la droite, il aperçoit un grand batteur et, à l’intérieur, une mixture collante composée de levure, de farine et d’eau. Un peu partout autour du récipient, il remarque des traces de lutte. Deux peaux de banane gisent même à côté d’un bol.
Tout à coup, une forme rouge surgit de l’obscurité : c’est Monsieur Fraise.
— Alors, comment trouvez-vous ma cuisine ? demande-t-il d’un air narquois.
— Vous êtes abominable ! s’écrie Moulatarte.
— Je sais, je sais, c’est dans ma nature. Vous ne pouvez pas comprendre. Mais vous allez avoir l’honneur de faire partie de mon plan diabolique !
Ces mots sont suivis d’un rire strident. Monsieur Fraise s’empare brutalement de Moulatarte et y dépose la pâte et tous les ingrédients patiemment rassemblés. Finalement, il les met tous au four à 230°C.

Morgane, Dimitri, Matthieu et Jérémy (élèves de 3e 2, Collège de Luchon).


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Octavie

Octavie la mouche passait pas loin de là, quand elle sentit une délicieuse odeur de sucre et de caramel qui se diffusait dans l’air et qui l’attira à l’intérieur d’une pièce aux senteurs enivrantes. Des centaines de couleurs semblaient se mélanger devant ses yeux. Elle se précipita vers toutes ces pâtisseries alléchantes et, soudain, s’écrasa contre une vitre.
Un peu secouée, elle fit demi-tour et rejoignit les gâteaux plus sucrés et plus gros les uns que les autres. Était-ce le paradis ?
Une tartelette rouge et fruitée lui mit l’eau à la bouche. À peine se posa-t-elle sur la pâte croustillante qu’elle s’englua délicieusement les pattes dans la gélatine. C’était vraiment succulent.
Tout d’un coup, elle leva les yeux et aperçut une pâtisserie débordante de chocolat. Elle quitta la tartelette sur laquelle elle était posée et alla enfoncer ses pattes dans ce si bon, si merveilleux chocolat. Octavie était tellement heureuse au milieu de toutes ces pâtisseries ! Elle embrassait la moelleuse génoise, prête à se rouler dedans ! La poudre de cacao lui collait aux ailes et la fit éternuer, ce qui la projeta dans les airs. Elle passa au-dessus d’un champ de copeaux de chocolat, qui firent pétiller ses deux gros yeux bleutés.
Mais lorsqu’elle atterrit dans le Paris-Brest, la forêt noire était déjà oubliée. Quel extraordinaire gâteau ! Elle nagea dans la crème au beurre, plongea dans la chantilly. Une goutte de caramel tomba du Paris-Brest et atterrit juste à côté d’elle. Elle leva la tête et aperçut le caramel dégouliner du sommet du gâteau. Elle grimpa pour déguster ce sirop collant si exquis. À cet instant, le pâtissier entra avec le plus extraordinaire des gâteaux qu’on puisse imaginer : une pièce montée énorme, titanesque ! Toute une multitude de choux fourrés de crème pâtissière et saupoudrés d’éclats d’amandes et de noisettes, reliés entre eux par de délectables rubans de chantilly et de nougatine. Les yeux d’Octavie scintillaient de bonheur et de joie.
Alors, dans la précipitation, elle vola droit devant, toute bourdonnante d’émotion. Elle n’était plus qu’à quelques battements d’ailes et s’apprêtait à y poser les pattes, quand soudain une porte s’ouvrit. Elle se sentit aspirée par un violent courant d’air qui la jeta dehors. Elle essaya en vain de rentrer pour rejoindre son rêve. Elle voleta en tous sens, voleta encore, s’épuisa et, après des heures d’attente collée à la vitre, elle partit enfin à la recherche d’un nouveau paradis.

Julia, Marc-Antoine, Sylvain, Anissa, Céleste (élèves de 3e3, Collège de Luchon).

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J’ouvre la boîte aux lettres. Vide, toujours vide, éternellement vide. Mais quand arrivera-t-elle ? Cela fait deux semaines que je l’attends. C’est maman qui l’a prise, c’est sûr. Elle l’a cachée ! Où est-elle ? Sur la commode ? Non, elle n’y est pas ! Sur la table ? Non, toujours pas. Bon, j’abandonne. Je monte dans ma chambre. Et si elle y était ? Vite ! Elle est là, sur mon bureau, elle m’attendait tout simplement ! Je la tiens dans mes mains tremblantes. Au dos de la lettre est écrit « concours Habiro, cedex 31 405 Paris » Je l’ouvre précipitamment et lit : « L’équipe Habiro vous félicite !! Vous êtes l’heureux gagnant de notre concours… Vous allez donc recevoir votre poids en bonbons, soit 42 kilos…